La vérité sur l’imposture Harry Quebert

La queberite…Un virus, à la propagation fulgurante, qui s’abattit sur les librairies, les bibliothèques et les rédactions françaises en 2012, et fit des ravages dans les classements des meilleurs ventes et l’esprit des lecteurs.

Pour le pire,….et le pire.

Scène (racontée mot pour mot telle que vécue, juré) de la vie quotidienne dans une librairie:

La cliente:

-Ohlala, mon Dieu qu’est ce que je l’ai aimé, celui-là! » (Elle brandit avec conviction La vérité sur l’Affaire Harry Quebert, de Joel Dicker)

Lui:

-« Vraiment? Mais vous n’avez pas trouvé ça terriblement mal écrit? »

-« Oui, peut-être, mais c’est pas si grave, ça se lit bien, on a envie de tourner les pages, et puis l’intrigue est tellement prenante! »

-« Les rebondissements sont un peu systématiques et répétitifs, non, jusqu’à l’indigestion? Dans les 200 dernières pages, quand même..Il n’y a pas une seule personne dans la ville qu’on n’a pas essayé de nous faire passer à un moment où à un autre pour l’assassin! On dirait Scooby-doo! Ca finit par être artificiel… »

-« Bon, avant tout, c’est la peinture d’une certaine Amérique, qui m’a passionnée…Cette critique de la société américaine, ce regard tellement juste et intelligent sur le pays, sur les américains, quoi! »

-« Mais il est suisse, Dicker! Et il a du y aller deux fois quinze jours, aux Etats-Unis! Son Amérique parait tout droit sortie du film Mais qui a tué Pamela Rose! ou d’un sketch des Inconnus! C’est la plus grosse enfilade de clichés de l’histoire de la littérature! »

-« Ahaha, ca c’est un peu vrai, vous avez raison! Mais en revanche, toute cette histoire de passage de témoins entre le vieil écrivain d’expérience et le jeune héritier qui débute dans le métier, ces conseils, cette vision de la littérature, c’est touchant… »

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-« Quoi donc, ces sentences lourdingues et idiotes qu’on dirait professées par Maître Yoda dans L’Empire Contre-Attaque? Les « Si tu n’arrives pas à courir sous la pluie tu ne seras jamais un grand écrivain », « Le plus dur n’est pas de tomber mais de se relever », « Ecrire c’est d’abord aligner des mots sur une feuille », « L’eau ça mouille », tout ça? C’est un peu grotesque, non? »

-«  »Et l’histoire d’amour condamnée d’avance et pourtant si pure entre ce bel écrivain trentenaire et cette adolescente de 15 ans? C’est poignant, c’est une si belle histoire… »

-« Mais on n’y croit jamais! Ils passent leur temps à regarder les mouettes enlacés sur une plage, en alignant les dialogues les plus ineptes de ce côté-ci de Barbara Cartland! Et cette jeune fille qui emploie des expressions aussi modernes et crédibles dans la bouche d’une adolescente des années 70 que « File comme le vent, brave Luther! »… Chacun de ses actes est improbable, on n’y croit jamais, c’est le personnage de fiction le plus brinquebalant des trente dernières années! »

-« Oui, peut-être…en tout cas je sais pas pourquoi, mais j’ai aimé ».

La vérité sur l’affaire Harry Quebert ou l’un des plus grands succès récents de l’édition française, et très certainement la plus grande hallucination littéraire collective des dix dernières années.

(Rappelons que l’Académie Française, qui n’a pas été la dernière a en être victime, a décerné son Grand Prix à ce livre, un livre qui contient des phrases aussi définitives et fulgurantes que  : « Il faut sans cesse choisir entre raison et passion ». Quels déconneurs, ces académiciens.)

S.B.

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La vérité sur l’affaire Harry Quebert, de Joel Dicker, Editions de Fallois

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