Oliver Gallmeister: « La littérature, c’est primal, animal. »

Sur l’une des imposantes étagères qui tapissent les murs du siège de Gallmeister, à deux pas de la rue de Rennes, les premières épreuves de My Absolute Darling, de Gabriel Tallent. Le livre doit sortir dans quelques semaines, et rarement la maison d’édition a semblé bruisser d’une telle excitation. Cette sensation grisante d’avoir mis la main sur un livre qui fera date. Une sensation que tout éditeur a connu un jour. Où après laquelle, peut-être, il court encore désespérément. Nous reviendrons bientôt dans Lost Highways sur ce stupéfiant roman.
Pour l’heure, Oliver Gallmeister nous attend dans son bureau. L’occasion de tenter d’en savoir plus sur l’homme qui, depuis 2005, a changé la vie des amateurs de littérature américaine. 

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Sables Mouvants

« Merde, si vous voulez mon avis, le fait qu’il y ait un livre dans cette baraque était déjà sacrément remarquable. Ce bouquin, c’était A Garden of Sand, d’Earl Thompson, et dans les mois qui suivirent, je l’avais lu cinq ou six fois. (…) Qui sait, si je n’avais pas eu les livres d’Earl Thompson, je n’écrirais peut-être pas aujourd’hui ». 

                                                                                                                                Donald Ray Pollock

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Fallen Angel

La nuit tombe sur Los Angeles. Un corbillard pénètre dans le LAX. La Cadillac noire se gare devant le hangar de la Continental Airlines. Sur la banquette arrière, des cadavres de bouteilles de Jim Beam, de tequila Jose Cuervo, et de bières Mickey Bigmouth… Deux hommes d’une trentaine d’années, coiffés de chapeaux de cow-boy et vêtus de flamboyants nudie suits, en descendent.

Une dizaine de minutes plus tard, ils chargent à l’arrière du corbillard le cercueil de Gram Parsons. Les deux hommes dérobent, dans l’un des aéroports les plus surveillés au monde, la dépouille de l’homme qui vient d’inventer le Country Rock. La Cadillac quitte le hangar, sous le regard incrédule des employés de l’aéroport. Et met le cap sur le sud de la Californie.

Nous sommes le jeudi 20 septembre 1973. Dans quelques heures, au coeur du Joshua Tree National Park, va se dérouler l’enterrement le plus improbable de l’histoire du rock.

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Free Fallin’

Karoo, où l’histoire à la fois burlesque et tragique d’une déchéance. Le livre, au titre mystérieux, son auteur, Steve Tesich, totalement inconnu hormis de certains encyclopédistes du cinéma américain (il a été récompensé d’un Oscar à la fin des années 1970 pour le scénario de La bande des quatre, de Peter Yates), ont débarqué sans crier gare dans les librairies il y a de cela quelques années. Lire la suite de « Free Fallin’ »

Race with the devil on a southern highway

Il est des oeuvres qui plongent quiconque tente d’en parler dans le doute. Pas parce qu’on ne sait trop quoi en penser, bien au contraire. Mais parce que certaines oeuvres prennent vie, plus encore que d’autres, dans le regard de ceux qui les découvrent. Et que les sensations provoquées par ces oeuvres-là sont brutes, contrastées, voire paradoxales. Pas en raison de leurs qualités artistiques, mais du message, voire de la philosophie, qu’elles véhiculent. Lire la suite de « Race with the devil on a southern highway »

Are you sure Hank done it this way?

Il y’a des choses que l’on ne doit pas faire du côté de Nashville. Qui vous assurent de vous retrouver le temps d’un clignement de cils attaché par une corde à un Pick-up et trainé à tout berzingue sur une rout rocailleuse du comté de Davidson. Commettre un album entier de reprises du Commandeur de la Country s’apparente à colorier au stabilo les fresques du Caravage. Surtout si l’on a l’outrecuidance d’être anglais…The The, groupe méconnu et pourtant brillant de Londres, s’y est pourtant essayé, et en guise de blasphème, c’est une cathédrale gothique lardée d’orgues comateuses et de wha-wha fantomatiques qui nous explose à la gueule. Lire la suite de « Are you sure Hank done it this way? »

No Sleep ’till Brooklyn

Publié cet année auréolé de l’honneur d’être le numéro 1000 de la prestigieuse collection Rivages/Noir, Gravesend est un premier roman, signé par William Boyle. C’est également un chant funèbre, une ode désenchantée à un quartier de Brooklyn devenu le tombeau des espoirs de ceux qui y sont nés. On peut sortir un homme du quartier, on ne peut pas sortir le quartier d’un homme..

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The Good, The Bad, The Horror

Alors que Chicago, en 1893, s’apprête à inaugurer La Ville Blanche, pharaonique exposition universelle à la création chaotique, la cité du Michigan est le théâtre des agissements de H.H. Holmes, moderne Barbe-Bleue qui marquera l’histoire, et deviendra le premier serial killer des Etats-Unis. Erik Larson, dans son livre Le Diable Dans La Ville Blanche, narre avec brio ces deux moments fondateurs de l’histoire du pays, pour le meilleur et pour le pire.

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